Le Conseil électoral provisoire (CEP) a organisé, ce lundi 24 mars 2025, une rencontre avec une centaine d’organisations de la société civile haïtienne. L’objectif était de recueillir leurs propositions et répondre à leurs préoccupations pour renforcer la transparence et la crédibilité des prochaines élections. Malgré les défis sécuritaires, logistiques et institutionnels, les Conseillers électoraux ont affirmé leur détermination à mener à bien leur mission, dans un contexte national marqué par une crise de confiance généralisée.
Le Président du CEP, Monsieur Patrick Saint-Hilaire, a souligné le rôle crucial de la société civile, qualifiée de « yeux du peuple », capable de dénoncer, quand il le faut, tout en encourageant les initiatives positives. Cette démarche consultative vise à restaurer le dialogue avec une population méfiante, après des années d’instabilité politique. Le CEP a reconnu l’ampleur des défis, notamment la sécurisation du processus, dans un pays en proie à la violence, et la nécessité de ne pas reproduire les erreurs passées.
Pour contourner l’insécurité paralysante, le CEP a annoncé des mesures exceptionnelles : un budget soumis à l’exécutif et l’affrètement d’un avion privé opérationnel depuis le 21 mars, afin d’acheminer son personnel dans les zones reculées. Cependant, des incertitudes juridiques persistent, notamment l’absence de texte référendaire finalisé, essentiel pour encadrer le processus.
Duclos Bénissoit, coordonnateur du Mouvement Unifié des Transporteurs Haïtiens (MUTH), a salué les efforts « humbles » et « sincères » du CEP, tout en déplorant le manque d’engagement de l’exécutif et du Conseil Présidentiel de Transition (CPT). Il a insisté sur la sécurité comme priorité absolue, dénonçant l’inaction des autorités face aux gangs qui entravent toute mobilité.
Si le CEP affiche sa volonté de « tourner la page de l’instabilité », les défis restent toutefois titanesques. La réussite de cette transition démocratique dépendra de la collaboration effective entre le CEP, la société civile et un exécutif encore perçu comme distant, dans un pays où chaque élection s’apparente à un pari sur l’avenir.

